Jasmine Tookes, enceinte, a volé la vedette lors du défilé Victoria's Secret 2025.

Lorsque Jasmine Tookes a foulé le podium de Victoria's Secret le 15 octobre 2025, elle a fait bien plus qu'ouvrir un défilé : elle a offert un moment qui a instantanément marqué l'histoire culturelle. Enceinte de neuf mois et rayonnante, Tookes a défilé avec l'assurance et le calme d'un mannequin chevronné, s'arrêtant pour caresser son ventre arrondi sous les crépitements des flashs et les applaudissements. Cette apparition remarquée est devenue l'une des images les plus commentées de l'année : une célébration de la grossesse, du glamour et de l'évolution de la haute couture.

La tenue de Tookes était soigneusement composée pour mettre en valeur sa grossesse, et non la dissimuler. Elle portait une combinaison dorée en résille qui épousait les contours de son ventre arrondi, superposée à un dos sculptural en forme de coquillage, parsemé de perles. L'ensemble évoquait une scène contemporaine de la « naissance de Vénus » : éthérée, aux couleurs chatoyantes, et d'une théâtralité précise. Tandis qu'elle défilait, les mains sur les hanches, elle caressait doucement son ventre – de petits gestes intentionnels qui ont transformé le spectacle en une expression de tendresse et de sérénité. Les photographes ont immortalisé la scène à maintes reprises ; les rédacteurs l'ont qualifiée d'image marquante de la soirée.


Le choix de mettre en avant un mannequin enceinte à une place aussi importante revêtait une dimension à la fois symbolique et pratique. Historiquement, les défilés de haute couture ont longtemps fait preuve de conservatisme vis-à-vis des femmes enceintes : les grossesses étaient souvent tenues secrètes et les mannequins enceintes occupaient rarement les projecteurs. En plaçant Tookes en ouverture du défilé, Victoria's Secret a affirmé son engagement public envers la maternité, l'intégrant pleinement à son image de marque. Pour Tookes, qui a annoncé sa deuxième grossesse en juillet 2025, ce moment revêtait également une signification profondément personnelle : il reliait son identité professionnelle d'Ange et de mannequin à ce nouveau chapitre de sa vie, celui d'une future maman visible et célébrée.


Les réactions des médias ont été immédiates et variées, mais le ton dominant était à la fête. Les médias ont présenté le défilé comme un moment historique et joyeux : une mannequin enceinte de neuf mois, ouvrant l’une des soirées les plus suivies de la mode. Les réseaux sociaux ont amplifié cette perception : des vidéos de Tookes caressant son ventre ont été largement partagées, accompagnées de commentaires élogieux de fans et de collègues mannequins. Victoria’s Secret a elle-même publié des images du défilé sur Instagram, et la légende de la marque – délicieusement décomplexée – a bien résumé l’état d’esprit d’Internet : « Levez la main si vous vous remettez encore du défilé d’ouverture de @jastookes. » Ce moment a souligné comment un spectacle en direct, amplifié par les plateformes sociales, peut transformer une simple entrée sur un podium en un événement culturel viral.


Mais cette réaction a également suscité des discussions approfondies sur la représentation. Critiques de mode et observateurs culturels se sont demandés si l'apparition de Tookes constituait une véritable avancée vers l'inclusivité ou un coup d'éclat soigneusement orchestré. Certains ont salué Victoria's Secret pour avoir normalisé la présence des femmes enceintes sur un podium aussi prestigieux ; d'autres ont mis en garde contre le symbolisme, exhortant le secteur à améliorer l'accès et le soutien aux mannequins enceintes et en post-partum, au-delà de ces simples apparitions médiatiques. Ces critiques ouvrent un débat plus large : la visibilité est importante, certes, mais des changements politiques durables – comme l'aménagement des espaces pour les femmes enceintes, l'amélioration des pratiques de casting et un investissement à long terme dans la diversité des morphologies – sont tout aussi essentiels si la mode veut dépasser les gestes symboliques. (Voir : comment les marques peuvent soutenir les mannequins enceintes à grande échelle.)


Il y a une autre dimension, plus subtile, à la démarche de Tookes : une redéfinition des canons de beauté. Pendant des décennies, les podiums ont privilégié un nombre restreint de silhouettes et d'états d'être, excluant souvent des étapes de la vie comme la grossesse du spectacle de la mode. Lorsqu'un mannequin investit le podium en étant visiblement enceinte, cela redéfinit la maternité comme une forme de glamour plutôt que comme une condition privée ou marginalisée. Pour de nombreuses personnes – enceintes ou non – l'image de Tookes dans cette robe en résille scintillante a résonné comme un message simple et clair : la grossesse n'est pas l'antithèse de l'élégance ; c'est une autre forme de rayonnement. Cela n'efface pas les problèmes structurels auxquels le monde de la mode est confronté, mais cela montre comment un seul instant peut subtilement influencer l'imaginaire collectif.


L'aspect technique du look a également contribué à la narration. La maquilleuse Pat McGrath, qui a déjà beaucoup travaillé avec Tookes, aurait sublimé l'éclat de grossesse du mannequin grâce à une huile corporelle dorée et un maquillage du visage minimaliste et lumineux, des choix qui ont permis de concentrer l'attention sur la peau et la silhouette plutôt que sur un maquillage trop chargé ou des accessoires superflus. Les choix de stylisme ont créé un fil conducteur visuel : le corps et le ventre rond étaient au centre de l'attention, mis en valeur par des bijoux sculpturaux et une palette de coiffure et de maquillage discrète et sophistiquée. En bref, le glamour servait, plutôt que de masquer, l'expression personnelle.

Jasmine Tookes chez Victoria's Secret en 2025

Les implications pour l'industrie méritent d'être suivies de près. L'édition 2025 de Victoria's Secret, organisée aux studios Steiner à New York, a redonné tout son éclat et son prestige aux stars après les efforts récents de la marque pour redorer son image. La présence de Tookes dans un rôle aussi important pourrait inciter d'autres marques et créateurs à considérer plus régulièrement les mannequins enceintes, non pas comme une simple occasion de faire de belles photos, mais comme un gage d'égalité dans le casting. Cela pourrait se traduire par des changements concrets : des tailles d'échantillons différentes, des services médicaux et des aménagements pour le confort des mannequins pendant les défilés, et une meilleure compréhension que grossesse et mannequinat professionnel ne sont pas incompatibles. Que le changement soit immédiat ou progressif, le parcours de Tookes a plaidé avec force en faveur de l'expérimentation.


Bien sûr, des moments comme celui-ci se situent à la croisée de deux sphères : le podium et internet. Dans les jours qui ont suivi le défilé, essais, articles de fond et une avalanche de commentaires ont débattu des enjeux liés à la présence de Tookes. Pour les fans, l'impact émotionnel était évident : célébration, fierté et admiration pour un mannequin qui s'est retrouvé sous les projecteurs enceinte de neuf mois. Pour les professionnels du secteur et les critiques, la conversation était plus technique et prudente, centrée sur ce que devrait être une représentation concrète. Ces deux réactions sont importantes : la visibilité émotionnelle encourage le changement, et le regard critique exige une responsabilisation afin que cette visibilité devienne durable et non pas une simple performance.


Au final, le défilé de Jasmine Tookes lors de la Fashion Week Victoria's Secret de 2025 restera sans doute comme un de ces moments marquants qui ont su capter et propulser une époque. Cette image a su mêler joie personnelle, mise en scène de la marque et un débat plus large sur la place des femmes enceintes sur les podiums. Reste à savoir si l'industrie saura transformer cet événement en changements durables, mais pour l'heure, la démarche assurée et fière de son ventre rond a offert à des millions de téléspectateurs une image forte et inédite de la grossesse sur scène : glamour, assumée et pleinement présente.


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